Les fêtes de Pâques auront permis aux Stéphanois en plein confinement de découvrir leur maire, Gaël Perdriau (LR), en pleine crise mystique. Le lundi de Pâques, sur ses comptes Facebook et Twitter, il a posté deux extraits de textes de grands mystiques chrétiens : Novalis (Cantique IV) et Saint François d’Assise (Prière). Et ce, sans les citer, ce qui pourrait donner l’impression à certains lecteurs que le maire de Saint-Étienne est lui-même l’auteur inspiré de ces vers, et poète mystique à ses heures…

La veille, il avait fait une autre démonstration affirmée de sa foi sur la page Facebook du diocèse de Saint-Étienne en adressant publiquement à l’évêque un message qui l’apparentait alors bien plus à un fidèle paroissien catholique qu’au représentant neutre des pouvoirs publics qu’il est censé être : « Merci Monseigneur pour cette initiative qui permet à chacun de vivre Pâques dans la prière ». Phrase suivie de deux publications de l’émoticône des mains jointes, synonyme de prière.

Cette attitude témoigne d’une conception très – trop ? – ouverte de la laïcité, pour laquelle la frontière entre les représentants des pouvoirs publics et religieux est très floue, voire très poreuse. Gaël Perdriau en avait déjà fait la démonstration en novembre 2019 en allant faire un discours à l’intérieur de la Grande mosquée Mohamed V de Saint-Étienne pour exprimer sa solidarité avec « la communauté musulmane ». Avant de se reprendre, et de se contredire, en affirmant : « À Saint-Étienne, je ne connais qu’une communauté : la communauté stéphanoise. » Il va falloir choisir…