Après avoir été accusé par des salariés et par l’Inspection du travail de mettre en danger ses salariés, René Pich, le fondateur de SNF, a été placé en garde à vue pour des achats de chloroquine.

C’est une véritable saga qu’est en train d’écrire le fondateur et directeur général délégué de l’entreprise SNF, René Pich, 79 ans, depuis le début du confinement. Après avoir été accusé par des syndicats et par l’Inspection du travail de ne pas respecter les règles de protection des salariés dans son entreprise (promiscuité, absence de masques et de gel…), après leur avoir répondu en les insultant, après nous avoir adressé un courrier courroucé pour avoir publié ces informations sur notre blog Sainté2020, René Pich s’est retrouvé lundi 6 avril… en garde à vue.

Il a été entendu pendant cinq heures par les gendarmes de Montbrison pour avoir acheté de la chloroquine en Inde et avoir proposé dans un texte à ses salariés de «faire une demande à la direction pour la délivrance du produit». Ce qui pourrait relever de l’exercice illégal de la médecine et de la pharmacie. Des perquisitions ont été menées dans l’entreprise et plusieurs cadres ont été entendus. René Pich a bien reconnu avoir acheté de la chloroquine, « à titre personnel », a-t-il indiqué aux gendarmes pour sa défense. Il en a remis 350 comprimés à la justice, « de mauvaise grâce », a souligné le procureur adjoint de Saint-Étienne André Merle.

De son côté, le PDG de SNF, Pascal Rémy, a lâché son directeur général en précisant à Libération que les textes de René Pich « n’engagent que lui, ne font l’objet d’aucun contrôle ni d’aucune approbation par la Direction de l’entreprise ». Une plainte a par ailleurs été déposée par l’avocate de la CFDT, Sofia Soula-Michal, pour « mise en danger de la vie d’autrui » . Et comme pour souligner l’ambiance de « roman noir » de toute cette affaire, René Pich a choisi pour sa défense le médiatique avocat stéphanois André Buffard, ancien conseil du terroriste Carlos et auteur de livres policiers à succès.