C’est lors d’une soirée en forme de show à l’américaine au Centre des congrès, jeudi 6 février, que le maire sortant Gaël Perdriau (LR) a présenté sa liste pour les élections municipales, avec public de supporters venus en masse (1000 si l’on en croit le candidat, pas plus de 800 si l’on se fie à la jauge maximale annoncée par le site web de la salle) et messages de soutien de stars – plus tout à fait – locales : Pierre Gagnaire, Jason Chicandier, Patrick Guillou.

Il est probable que l’ordre de ses colistiers, s’il est élu, sera place pour place celui de ses futurs adjoints et conseillers municipaux, dans la mesure où il a déjà passé toutes les alliances possibles, tant avec des partis politiques qu’avec des personnalités locales à forte valeur ajoutée. Leur choix et leur ordre revêt donc une importance particulière.

Or cette liste est annoncée par Gaël Perdriau comme renouvelée à 56 %. Mais ce chiffre vaut pour l’ensemble des cinquante-neuf noms, comparés à ceux de la liste présentée en 2014 pour le premier tour. Or ce ne sont pas cinquante-neuf élus qui composent la majorité municipale, mais quarante-quatre. Les quinze derniers noms ne sont pas éligibles.

Sur son site de campagne, Gaël Perdriau met en avant ses « nouveaux » colistiers… qui ne le sont pas tant que ça pour l’essentiel

Il est donc beaucoup plus significatif de mesurer le taux de renouvellement en prenant en compte les quarante-quatre premiers noms, c’est à dire par rapport à la majorité sortante. On constate dès lors que le taux de renouvellement tombe de 56 % à 43 % (il y a dix-neuf nouveaux entrants sur quarante-quatre). Et plus on monte dans le degré de responsabilité, plus le taux baisse.

Si l’on prend pour base les 21 postes d’adjoints, qui peuvent être considérés comme l’exécutif de la mairie, on chute à 23 % (cinq nouveaux entrants), soit moitié moins que le taux annoncé. Et si l’on se base sur les dix premiers de la liste, qui concentrent en général les fonctions les plus importantes (finances, police, logement, urbanisme…), on frise le statu quo, avec seulement 10 % de renouvellement (un seul entrant).

Pour l’essentiel, l’équipe du maire sortant reste donc largement la même. Ce qu’il a démontré dans cet exercice, c’est qu’il a visiblement gardé de ses études de commerce à l’ESC un talent certain pour assurer sa promotion et faire parler les chiffres.

Luc Chatel